Volvo xc90, essai, fiabilité et quel volvo xc90 choisir en occasion familiale

Volvo xc90, essai, fiabilité et quel volvo xc90 choisir en occasion familiale

Le Volvo XC90, c’est un peu le couteau suisse des SUV familiaux : 7 places, un coffre exploitable, une image rassurante et une touche de premium nordique qui passe bien devant l’école comme sur l’autoroute des vacances. Mais entre la première génération diesel cinq cylindres, les V8 un peu oubliés, les 2.0 Drive-E modernes et les hybrides rechargeables T8, lequel choisir en occasion sans se tromper, surtout pour une famille ? Et côté fiabilité, mythe suédois ou galères bien réelles ? On va démonter tout ça méthodiquement.

Deux générations de XC90 : bien les distinguer avant de choisir

Avant de parler fiabilité ou achat, il faut déjà savoir de quel XC90 on parle. Il y a en réalité deux modèles bien différents :

  • XC90 I (2002-2014) : le “vieux” robuste, moteur transversal, base de plateforme P2 (S60/V70 de l’époque). Restylé en 2006, petites évolutions ensuite mais la base reste la même jusqu’à la fin.
  • XC90 II (depuis 2015) : le grand SUV moderne sur plateforme SPA, uniquement en 4 cylindres 2.0 (essence, diesel ou hybride rechargeable), design beaucoup plus contemporain, intérieur façon salon scandinave.

Pour une utilisation familiale en occasion, la vraie question n’est pas “XC90 ou pas XC90 ?” mais plutôt :

  • XC90 I pour le budget serré et la mécanique éprouvée ?
  • XC90 II pour le confort, la techno et la sécurité au top, au prix d’une mécanique plus complexe ?

On va regarder ça sous trois angles : essai routier, fiabilité et choix pratique en famille.

Sur la route : un vrai 7 places taillé pour avaler des kilomètres

Sur Legend Motors, on commence par le ressenti volant en main, parce qu’un SUV familial, ça va surtout faire du périph’ + nationale + autoroute chargé comme un mulet.

XC90 I : le paquebot rassurant

En première génération, le XC90 assume son gabarit : c’est lourd, ça tangue un peu, mais ça rassure. Les moteurs les plus courants :

  • D5 2.4 cinq cylindres diesel (163 puis 185 ch) : le cœur du marché en France. Bruit typique du cinq cylindres, un peu sonore à froid, mais beaucoup de couple. Pour les longs trajets, c’est cohérent. En ville, c’est moins agréable : boîte automatique un peu lente, poids conséquent.
  • Essence T6 ou V8 : rares chez nous, gourmands, plutôt pour les passionnés ou ceux qui roulent peu.

Au volant, le XC90 I donne l’impression d’un break surélevé très large. Le confort est bon, surtout avec les jantes en 17 ou 18 pouces. Les suspensions filtrent bien, le roulis est présent mais prévisible. C’est un SUV de croisière, pas un jouet pour attaquer un col.

La direction est assistée “à l’ancienne” : légère mais pas très précise. On s’y fait vite, d’autant que ce n’est clairement pas un engin fait pour slalomer.

XC90 II : le SUV qui soigne les parents (et les enfants)

À partir de 2015, changement de monde. On passe à :

  • Un châssis plus rigide
  • Une direction mieux calibrée
  • Des moteurs uniquement 4 cylindres 2.0 : D4/D5 (diesel), T5/T6 (essence), T8 (hybride rechargeable)
  • Des aides à la conduite beaucoup plus complètes (Pilot Assist, maintien de voie, régulateur adaptatif, etc.)

Sur route, le XC90 II est nettement plus moderne :

  • Confort : très bon, surtout avec les suspensions pneumatiques (option). En 20 pouces, ça reste correct, mais pour une famille, 19 pouces ou moins, c’est plus intelligent.
  • Silence : mieux isolé que le I, notamment en diesel. Sur autoroute, on discute sans hausser le ton, même à 130 avec un coffre plein.
  • Comportement : ça reste un gros SUV mais ça tient mieux la route, la caisse bouge moins, le freinage est plus mordant et endurant.

Les blocs :

  • D4 (190 ch) / D5 (225 ch) : les plus fréquents en France. Suffisants pour tracter et voyager chargé. Le D5 est plus à l’aise avec 7 personnes à bord + coffre plein.
  • T8 hybride rechargeable (environ 390 ch cumulés sur les premiers modèles, plus ensuite) : très agréable en usage mixte, gros couple, roulage en électrique en ville (30-40 km en réel sur les premiers modèles, plus sur les versions récentes), mais complexité mécanique en hausse.

Pour un usage strictement familial, hors passion particulière pour l’hybride, un D5 bien entretenu reste le meilleur compromis agrément/consommation/polyvalence.

Habitabilité et coffre : un “vrai” 7 places, pas un 5+2 marketing

C’est là que le XC90 marque des points face à beaucoup de SUV concurrents.

XC90 I :

  • 7 vraies places, mais la troisième rangée est plus adaptée aux enfants/adolescents.
  • La deuxième rangée est coulissante, on peut jongler un peu avec l’espace jambes/coffre.
  • Le coffre reste correct à 7, très bon à 5. On est au-dessus de beaucoup de SUV compacts déguisés en 7 places.

XC90 II :

  • Habitabilité encore meilleure, largeur aux épaules généreuse.
  • Les sièges de la troisième rangée restent pour des gabarits moyens, mais on peut y caser des adultes sur moyen trajet.
  • Coffre énorme en 5 places, très utilisable en 7. Pratique pour les grandes familles, les vacances ou les déménagements du week-end.
  • Nombreux rangements, ergonomie en progrès (malgré l’écran tactile qui exige un petit temps d’adaptation).

Sur le plan purement familial, les deux générations font le job. Le II apporte un net gain en ergonomie, en qualité perçue et en modularité fine. Pour une famille qui roule beaucoup, on sent que Volvo a pensé ce modèle comme un monospace premium déguisé en SUV.

Fiabilité : ce qu’il faut savoir, génération par génération

On attaque le morceau sensible. Volvo a une image de fiabilité solide, mais ça ne veut pas dire zéro soucis. On va faire simple et concret.

XC90 I (2002-2014) : globalement solide, mais quelques points de vigilance

Moteur star : le D5 2.4 diesel. Ses points forts :

  • Architecture 5 cylindres très robuste
  • Beaucoup d’exemplaires ont dépassé les 300 000 km avec un entretien correct
  • Distribution par courroie, à faire dans les temps (et à vérifier factures en main)

Points à surveiller d’après les retours d’utilisateurs et les cas récurrents :

  • Boîte automatique Geartronic : sensible si vidanges non faites. Volvo parlait parfois d’huile “à vie”, dans la pratique, une vidange tous les 60 000-80 000 km est un minimum prudent. À défaut, risques de patinage, à-coups, voire casse.
  • Transmission intégrale : le système Haldex peut présenter des faiblesses (renvoi d’angle, cardans, accouplements) si l’entretien a été négligé. Un essai en braquage complet et sur sol glissant permet déjà de dégrossir.
  • Éléments annexes diesel : vanne EGR, turbo, FAP sur les dernières années, comme sur beaucoup de diesels de cette génération.
  • Électronique vieillissante : capteurs ABS, petit bugs de centralisation ou d’info-divertissement, mais rarement immobilisants.

Globalement, un XC90 I D5 entretenu dans les règles, avec suivi limpide, reste une base fiable, à condition de ne pas fermer les yeux sur la boîte auto et la transmission.

XC90 II (depuis 2015) : moderne, plus complexe, attention aux détails

On passe à des blocs 2.0 suralimentés (turbo, parfois compresseur + turbo, plus hybridation pour le T8) et à une électronique omniprésente. Les points fréquemment mentionnés par les propriétaires et réseaux :

  • Moteurs D4/D5 : bien nés, mais quelques cas de soucis d’injection, de vanne EGR et d’encrassement (usage majoritairement urbain). Sur un véhicule qui ne fait que de petits trajets, méfiance.
  • Boîte automatique à 8 rapports (Aisin) : globalement fiable, mais comme toujours, vidange recommandée, même si certains discours officiels continuent de parler d’huile “à vie”.
  • T8 hybride rechargeable : très agréable, mais on ajoute une couche de complexité : batterie, gestion hybride, moteur électrique arrière, faisceaux haute tension. Rien d’alarmant à grande échelle, mais en cas de pépin hors garantie, la note grimpe vite.
  • Électronique et aides à la conduite : quelques bugs logiciels, capteurs de radar ou caméra, parfois corrigés par mises à jour. Rien d’exceptionnel pour un modèle aussi bardé d’électronique.

Le XC90 II n’est pas un cauchemar de fiabilité, loin de là, mais il doit être suivi en concession ou chez un spécialiste équipé, avec carnet et factures à l’appui. Et sur un T8, il faut accepter un coût potentiel plus élevé à long terme.

Quel XC90 choisir en occasion pour une famille ?

On entre dans le concret : profil de famille, budget, type de trajets.

Petit/moyen budget, beaucoup de kilomètres, priorité à la robustesse

Profil : 3 enfants, trajets réguliers sur voie rapide, budget achat serré, recherche de fiabilité mécanique plus que de gadgets.

  • Target : XC90 I D5 185 ch (phase restylée), avec boîte auto entretenue, moins de 250 000 km, historique limpide.
  • Années à viser : plutôt fin de carrière (2007-2013) pour profiter des évolutions et corrections.
  • À privilégier : entretien suivi, vidanges de boîte documentées, pneus de qualité, pas de surenchère sur les jantes trop grandes.

Ce choix donne un SUV un peu daté en présentation mais très cohérent pour une famille qui veut surtout un grand diesel fiable pour avaler des kilomètres sans se ruiner en achat.

Budget confortable, priorité au confort, à la sécurité et à la modernité

Profil : 2 ou 3 enfants, mix ville/autoroute, sensibilité au confort, au silence et aux aides à la conduite modernes.

  • Target : XC90 II D5 (225 ch) AWD, finition bien dotée (Inscription, Momentum Pro…), années 2016-2019.
  • Pourquoi : moteur suffisant, conso maîtrisée, niveau de sécurité passive et active très élevé (volantant autonome, aide au freinage d’urgence, etc.).
  • À vérifier : mises à jour logicielles, entretien régulier, état des trains roulants (un SUV lourd use pneus, freins et amortisseurs).

On obtient un SUV qui fait vraiment “premium”, sans la surcomplexité (ni le surcoût) d’un T8 hybride.

Usage majoritairement urbain/périurbain, envie d’électrique sans passer au 100 %

Profil : famille habitant en ville, avec garage ou place de parking équipée (ou équipable) en borne de recharge, trajets quotidiens limités.

  • Target : XC90 II T8 hybride rechargeable.
  • Intérêt : rouler une bonne partie du temps en électrique en ville, tout en gardant l’autonomie d’un thermique pour les vacances.
  • Point d’attention : ne choisir un T8 que si on recharge réellement (idéalement tous les jours ou presque). Sans recharge, un T8 devient un gros essence qui consomme.

Pour une famille bien organisée et équipée pour la recharge, le T8 est pertinent. Sinon, le D5 reste plus rationnel.

Points à contrôler avant d’acheter un XC90

Que vous visiez un I ou un II, certains checks sont incontournables. On reste dans le concret :

Essai routier prolongé (au moins 20-30 minutes) :

  • Accélérations franches : pas de patinage de boîte, pas d’à-coups.
  • Freinages appuyés : pas de vibrations dans le volant, pas de tirage à droite/gauche.
  • Roulage à 110-130 km/h : bruits anormaux (roulements, sifflement de vent, bourdonnements de transmission).
  • Manœuvres à basse vitesse : braquage complet, pas de craquement suspect des cardans.

Transmission intégrale :

  • Essayer de démarrer franchement sur sol mouillé ou gravier pour sentir si l’arrière pousse vraiment.
  • Pas de messages d’alerte au tableau de bord liés à l’AWD, à l’ABS ou à l’antipatinage.

Boîte automatique :

  • Demander les factures de vidange de boîte. À défaut, prévoir cette opération rapidement après l’achat.
  • En conduite : pas de retard marqué au passage D/R, pas de gros à-coups entre les rapports.

Électronique et équipement :

  • Tester tout : clim, GPS, écran tactile, caméras, radars, sièges électriques, hayon électrique, etc.
  • Sur XC90 II, vérifier le fonctionnement des aides à la conduite (régulateur adaptatif, maintien de voie), ou au minimum s’assurer qu’aucun message d’erreur ne s’affiche.

Entretien et historique :

  • Carnet à jour, factures détaillées (idéalement concession ou spécialiste Volvo).
  • Distribution du D5 faite en temps et en heure (XC90 I), remplacement des pièces d’usure cohérent avec le kilométrage.

Un XC90 mal entretenu est une mauvaise affaire, même bradé. Un XC90 suivi avec sérieux justifie un prix un peu supérieur.

Coût d’usage : carburant, entretien, assurance

Un SUV de ce gabarit ne coûtera jamais le prix d’une citadine, il faut le garder en tête avant de signer.

Consommation (ordre de grandeur, usage mixte) :

  • XC90 I D5 : 8,5 à 10 l/100 km selon profil de route et charge.
  • XC90 II D5 : 7,5 à 9,5 l/100 km, un peu mieux optimisé mais toujours lourd.
  • XC90 II T8 :
    • Avec recharge régulière et trajets quotidiens courts : moyenne réelle parfois sous les 5-6 l/100 km.
    • Sans recharge : plutôt 9-11 l/100 km en essence.

Entretien :

  • Révisions plus chères qu’une compacte, mais dans la moyenne d’un grand SUV premium.
  • Pièces d’usure (freins, pneus, amortisseurs) soumises à rude épreuve : on parle d’un engin d’environ 2 tonnes.
  • Sur XC90 II, pensez aussi aux mises à jour logicielles potentielles (souvent faites en concession lors des révisions).

Assurance :

  • Un gros SUV 7 places avec un certain niveau de puissance, ça se paie en prime, surtout en tout risque.
  • Différence notable entre un D4/D5 et un T8 plus puissant sur certains contrats.
  • Comme toujours, comparer plusieurs assureurs, en intégrant les options (valeur à neuf, assistance 0 km, etc.) si vous comptez garder l’auto longtemps.

En résumé, le XC90 est à aborder comme ce qu’il est vraiment : un grand SUV familial premium. Ce n’est pas une voiture économique, mais il peut être très rationnel en rapport prestation/prix en occasion, à condition de viser les bons moteurs, les bonnes années et les bons historiques.

Pour une famille qui cherche un vrai 7 places sûr, confortable, capable de traverser la France chargée sans transpirer, le XC90 reste un choix très cohérent. La clé, c’est de ne pas se laisser séduire uniquement par le cuir clair et le bois mat : on soulève le “couvercle” et on vérifie la mécanique, la boîte, la transmission et les factures, comme on démonte un carter avant de signer son chèque.