BMW 650i : le grand tourisme à l’allemande, fiche technique détaillée
La BMW 650i, c’est un peu la vision “GT pur jus” selon BMW : un gros V8, une ligne qui allonge la voiture sur un parking comme sur autoroute, et une vraie capacité à avaler des centaines de kilomètres sans vous casser en deux. Mais derrière l’image, il y a deux générations bien différentes, deux moteurs, deux philosophies… et quelques points de vigilance à connaître avant de signer un chèque.
On va donc décortiquer cette 650i comme un bloc posé sur un établi : contexte, fiches techniques, motorisations, performances, comportement, coûts d’usage, et ce qu’il faut regarder avant un achat.
BMW 650i : de quelle génération parle-t-on ?
Quand on dit “BMW 650i”, on parle en réalité de deux familles :
- E63/E64 650i (Coupé & Cabriolet, 2005-2010) : V8 atmosphérique 4.8 L N62
- F12/F13/F06 650i (Cabriolet, Coupé, Gran Coupé, 2011-2018) : V8 4.4 L biturbo N63
La première est plus “GT classique” : gros V8 atmo, sonorité pleine, boîte auto 6 rapports, électronique encore raisonnable.
La seconde est nettement plus moderne : double turbo, boîte auto 8 rapports, aides à la conduite en pagaille, châssis plus affûté… et un budget d’entretien qui suit la courbe de la technologie.
Avant d’acheter (ou simplement de rêver), il faut savoir dans quoi on met les pieds. Commençons par la fiche technique pure.
Fiche technique BMW 650i E63/E64 (2005-2010)
La première 650i remplace la 645Ci et adopte un V8 plus gros et plus coupleux. C’est la GT typique des années 2000.
Moteur & transmission
- Moteur : V8 atmosphérique 4 799 cm³ (code N62B48)
- Puissance : 367 ch à 6 300 tr/min
- Couple : 490 Nm à 3 400 tr/min
- Transmission : propulsion (propulsion seulement)
- Boîte :
- BVA 6 rapports Steptronic (la plus répandue)
- BMV 6 rapports (plus rare, surtout sur certains marchés)
Performances (Coupé, BVA6, valeurs constructeur)
- 0 à 100 km/h : ~5,4 s
- Vitesse max : 250 km/h (bridée)
- Reprises 80-120 km/h : très musclées grâce au couple disponible assez tôt
Poids & dimensions
- Poids à vide : ~1 640 à 1 750 kg (Coupé / Cabriolet)
- Longueur : 4,82 m (Coupé), 4,82 m (Cabriolet)
- Largeur : ~1,86 m
- Empattement : 2,78 m
Consommation & réservoir
- Consommation mixte annoncée : 11 à 11,5 L/100 km
- Consommation réelle constatée : plutôt 12 à 14 L/100 km en usage normal
- Réservoir : 70 L
Châssis & freinage
- Suspensions :
- Avant : jambes de force type McPherson
- Arrière : multibras
- Freins : disques ventilés AV/AR (suffisants, mais peuvent fatiguer en conduite très dynamique sur route de montagne)
- ESP (DSC) déconnectable partiellement
Sur cette génération, la 650i joue vraiment la carte du couple et du confort. Le V8 N62 n’est pas le plus explosif de chez BMW, mais il est linéaire, rond, et colle parfaitement à l’usage GT.
Fiche technique BMW 650i F12/F13/F06 (2011-2018)
Deuxième acte : la Série 6 change complètement d’univers. Ligne plus tendue, intérieur mieux fini, et surtout un V8 biturbo qui fait passer l’ancienne 650i pour une “grosse 530i”.
Moteur & transmission
- Moteur : V8 4 395 cm³ biturbo (code N63)
- Puissance :
- 408 ch à 5 500-6 400 tr/min (phase 1, jusqu’en 2012/2013)
- 450 ch à 5 500-6 000 tr/min (LCI / évolution)
- Couple :
- 600 Nm dès 1 750 tr/min (408 ch)
- 650 Nm dès 2 000 tr/min (450 ch)
- Transmission :
- Propulsion
- xDrive (4 roues motrices) selon versions
- Boîte : BVA 8 rapports ZF (8HP), ultra répandue, rapide et douce
Performances (données constructeur, versions les plus fréquentes)
- 650i Coupé propulsion 450 ch : 0 à 100 km/h en ~4,6 s
- 650i Cabriolet 450 ch : ~4,7 à 4,8 s
- 650i Gran Coupé 450 ch : ~4,6 s
- Vitesse max : 250 km/h (bridée), plus avec pack M Driver
Poids & dimensions
- Poids à vide : ~1 850 à 1 980 kg selon carrosserie et xDrive
- Longueur :
- Coupé : ~4,90 m
- Cabriolet : ~4,90 m
- Gran Coupé : ~5,00 m
- Largeur : ~1,89 m
- Empattement : jusqu’à 2,97 m (Gran Coupé)
Consommation & réservoir
- Consommation mixte annoncée : 8,5 à 9,5 L/100 km selon version
- Consommation réelle : 11 à 13 L/100 km en usage normal, 15+ si on profite vraiment des 450 ch
- Réservoir : 70 L environ
Châssis & technologie
- Suspension pilotée en option (Adaptive Drive)
- Direction active intégrale (roues arrière directrices) sur certaines versions
- Freins plus dimensionnés, mais toujours à surveiller sur usage intensif
- Aides à la conduite : régulateur actif, vision nocturne, affichage tête haute, caméras, etc.
Là, on passe clairement dans une autre dimension en termes de performance : les reprises sont dignes d’une M5 E60 en usage réel, surtout avec la BVA8 qui tombe deux rapports instantanément.
V8 atmosphérique vs V8 biturbo : deux caractères bien distincts
Ce qui différencie le plus les deux générations de 650i, c’est le moteur. Sur route, on ne vit pas du tout la même chose.
V8 N62 4.8 atmosphérique (E63/E64)
- Montée en régime progressive, très linéaire
- Sonorité plus naturelle, typique du V8 atmo BMW
- Moins de couple à bas régime, mais suffisamment pour cruiser sans effort
- Sensation de GT classique : on laisse monter, on profite, sans être catapulté
V8 N63 4.4 biturbo (F12/F13/F06)
- Couple massif très tôt : gros coup de pied dès 2 000 tr/min
- Reprises impressionnantes, surtout sur autoroute
- Sonorité plus feutrée, un peu étouffée par les turbos, mais le grondement V8 reste présent
- Caractère plus “modernisé” : on est plus proche d’une grosse berline sportive que d’un coupé GT “à l’ancienne”
En pratique, si vous cherchez plutôt le charme mécanique et la sensation de “gros moteur noble”, l’ancienne 650i atmo a un vrai intérêt. Si vous voulez de l’efficacité, des perfs et des reprises de supercar sur le 80-180 km/h, le biturbo écrase tout.
Sur route : comportement et plaisir de conduite
BMW n’a pas collé un V8 dans une caisse au hasard. La 650i, surtout en coupé, a été pensée pour l’attaque rapide, mais sur grande courbe, pas pour les épingles.
E63/E64 : la GT souple mais précise
- Confort de suspension plutôt ferme mais correct en 18 pouces
- Direction précise, mais pas ultra communicative
- Propulsion “pure” : ESP permissif en mode sport, attention sur le mouillé
- Poids contenu pour un V8 de l’époque, ce qui aide en montagne
On peut rouler très vite, mais on reste dans un registre GT : longue courbe, gros freinage, relance sur le couple, on ne cherche pas le chrono comme avec une M3.
F12/F13/F06 : plus lourde, mais plus efficace
- Châssis plus rigide, comportement plus neutre
- Version xDrive : motricité bluffante, même sous la pluie
- Suspension pilotée : on passe d’un confort de limousine à un mode beaucoup plus ferme
- Direction active et roues arrière directrices (si équipées) qui gomment la longueur
Le revers, c’est le poids : près de 2 tonnes sur certaines configurations, on le sent au freinage et en enchaînement de virages serrés. Mais pour ce qu’elle est censée faire – avaler l’autoroute à haute vitesse et enrouler les nationales rapides – la 650i seconde génération est redoutable.
Points forts de la BMW 650i
Que ce soit en E63 ou en F12, la 650i a plusieurs atouts très concrets.
- Moteur V8 : caractère, couple, sonorité. Ce genre de configuration disparaît peu à peu, et ça se ressent déjà sur le marché de l’occasion.
- Polyvalence : capable d’être “sage” en usage quotidien et monstrueuse en reprise sur autoroute.
- Confort : sièges, insonorisation, position de conduite, tout est pensé pour le long trajet.
- Image : plus rare qu’une Série 5 ou 7 équivalente, la 650i garde un côté “coupé de patron”.
- Rapport prix / performance en occasion : les deux générations se trouvent aujourd’hui à des tarifs largement inférieurs à leurs prix neufs, avec des performances toujours d’actualité.
- Boîtes auto ZF :
- 6HP sur E63 : fiable si correctement entretenue (vidange recommandée, même si BMW parle de “lubrification à vie”)
- 8HP sur F12 : rapide, douce, parfaitement adaptée au couple monstrueux du N63
On est clairement sur des voitures de passionné qui savent aussi être rationnelles… à condition d’accepter une consommation à deux chiffres et un entretien sérieux.
Points faibles et fiabilité : ce qu’il faut surveiller
C’est là que l’expérience atelier rattrape le rêve de GT. V8 BMW, ça peut être très solide… ou devenir un gouffre si l’entretien a été négligé.
V8 N62 (4.8 atmo) – E63/E64
- Fuites d’huile : joints de couvre-culasse, joints de carter, support de filtre à huile. Pas dramatique en soi, mais coûteux en main-d’œuvre.
- Consommation d’huile : les joints de queues de soupapes peuvent fatiguer avec le temps, entraînant une conso d’huile significative et fumées bleutées au démarrage.
- Refroidissement : radiateur, vase d’expansion, pompe à eau à surveiller après 150 000 km.
- Électronique : capteurs divers (air, position, etc.), parfois capricieux à ces âges-là, surtout si l’auto a dormi dehors.
V8 N63 (4.4 biturbo) – F12/F13/F06
- Chaleur moteur : turbos logés dans le V, températures élevées, ce qui favorise l’usure des durites, joints, faisceaux, etc.
- Consommation d’huile et encrassement : problèmes connus sur les premières générations, d’où des campagnes BMW (N63 Customer Care Package) sur certains marchés.
- Injecteurs et bobines : pièces d’usure, mais le coût grimpe vite sur un V8 biturbo.
- Chaîne de distribution : certains cas d’usure prématurée sur les premières séries. Le bruit à froid est un bon indicateur.
- Refroidissement des turbos : à ménager, surtout après forte sollicitation. Laisser tourner un peu le moteur avant de couper évite des chocs thermiques violents.
Boîtes auto & périphériques
- BVA 6HP & 8HP : globalement très robustes, mais une vidange périodique (60-80 000 km) est fortement recommandée.
- Trains roulants : silentblocs, bras de suspension, amortisseurs pilotés (quand présents) sont à vérifier attentivement sur un véhicule de plus de 10 ans.
- Freinage : disques et plaquettes surdimensionnés, mais le prix des pièces reste en accord avec une GT V8, pas avec une citadine.
En résumé : une 650i entretenue dans les règles, avec historique limpide et factures, peut être fiable. Une 650i négligée, même bradée, peut devenir un très mauvais calcul.
Quel usage réel pour une BMW 650i ?
Sur le papier, on a une GT sportive. Sur la route, elle remplit plusieurs rôles :
- Daily driver pour gros rouleurs : possible, mais attention au budget carburant et aux stationnements serrés.
- Voiture plaisir / week-end : c’est probablement son meilleur rôle. On la sort pour le plaisir, on accepte de consommer 13 L/100 et on l’entretient comme il faut.
- Grandes distances : là où la 650i est au sommet. 800 km d’autoroute d’une traite, dans un confort très supérieur à beaucoup de voitures modernes “éco-responsables”.
- Départementales dynamiques : ça fonctionne, mais ce n’est pas une M3. On est sur du rapide et propre, pas du rallye.
Le cabriolet (E64 ou F12) ajoute une dimension balade très agréable, avec un V8 en fond sonore. Le Gran Coupé F06, lui, offre un compromis rare : 4 portes, 4 vraies places, et les perfs d’un gros coupé.
Quel modèle choisir et quels conseils avant achat ?
La question arrive forcément : E63/E64 ou F12/F13/F06 ? Atmo ou biturbo ?
Choisir une 650i E63/E64 (4.8 atmo) si :
- Vous aimez les moteurs atmosphériques, leur sonorité et leur montée en régime.
- Vous cherchez une GT encore relativement “simple” en électronique.
- Vous acceptez un look plus daté mais plus original qu’une F12.
- Vous visez un budget d’achat plus bas, en gardant une enveloppe saine pour l’entretien.
Choisir une 650i F12/F13/F06 (4.4 biturbo) si :
- Les performances pures et les reprises violentes vous attirent.
- Vous appréciez un habitacle moderne, bourré d’options.
- Vous roulez souvent sur autoroute ou grands axes, où le xDrive peut aussi être un atout.
- Vous avez le budget pour assumer un V8 biturbo moderne (entretien + imprévus).
Points à vérifier avant d’acheter
- Historique complet (carnet, factures détaillées, campagnes de rappel effectuées).
- Fréquence des vidanges (moteur + boîte) : fuyez les autos vidangées “tous les 30 000 km” sur un N63.
- Consommation d’huile déclarée par le propriétaire, fumées à l’échappement à froid et à chaud.
- Comportement de la boîte : pas d’à-coups marqués, passages fluides, pas de patinage.
- État des trains roulants : bruits de claquement, flottements à haute vitesse.
- Fonctionnement de toutes les assistances : toit cabriolet, HUD, caméras, réglages de sièges, etc. Le moindre gadget peut coûter cher si défaillant.
Enfin, prévoir un passage chez un spécialiste BMW (ou un concessionnaire sérieux) pour un diagnostic complet avant achat est loin d’être du luxe. Sur ce genre de voiture, un contrôle préalable bien fait peut vous économiser plusieurs milliers d’euros.
En résumé : pour qui est faite la BMW 650i ?
La 650i n’est pas une voiture de compromis pour citadin angoissé par la conso. C’est une GT pour passionné qui sait ce que veut dire “V8 essence” en 2024 :
- Un moteur noble, performant, agréable, qui donne une vraie personnalité à la voiture.
- Un châssis taillé pour les grands trajets rapides, plus que pour le chrono sur col de montagne.
- Un budget carburant assumé, et un entretien qu’on ne repousse pas à plus tard.
- Une vraie alternative aux SUV puissants modernes : plus basse, plus belle, plus plaisante à conduire.
Si vous cherchez une GT capable de vous emmener loin, vite, et avec ce supplément d’âme mécanique qui disparaît peu à peu des catalogues, la BMW 650i – surtout bien choisie et bien entretenue – reste une des options les plus cohérentes du marché de l’occasion. À condition de la prendre pour ce qu’elle est vraiment : une machine à rouler, pas un objet de spéculation ou un daily qu’on nourrit à contrecœur.