Rouler en ancienne au milieu des SUV hybrides et des trottinettes, c’est déjà un anachronisme mécanique. Avec les restrictions de circulation en ville, ça devient aussi un casse-tête administratif. Entre ZFE, vignette Crit’Air, carte grise collection et dérogations locales, beaucoup de passionnés ne savent plus s’ils ont encore le droit de sortir leur auto un dimanche en centre-ville… ou s’ils risquent 68 € à chaque feu rouge.
On va donc faire ce qu’on fait avec un vieux carburateur : tout démonter, pièce par pièce, pour voir clairement ce qui est encore possible, ce qui est déjà interdit, et comment continuer à profiter de son ancienne sans jouer à la roulette russe avec la réglementation.
Ce qui a vraiment changé : les ZFE, pas juste les vignettes Crit’Air
Premier point à bien intégrer : la vignette Crit’Air toute seule ne dit pas si vous avez le droit de rouler en ville. Elle classe juste votre véhicule selon ses émissions théoriques (en gros : année, carburant et norme Euro). Les interdictions, elles, viennent des ZFE-m (Zones à Faibles Émissions mobilité), mises en place par les métropoles.
Concrètement, une ZFE, c’est :
- un périmètre défini (souvent l’agglomération ou l’intra-périphérique),
- des catégories de Crit’Air interdites en permanence ou à certaines heures,
- des dérogations possibles… mais différentes selon les villes.
En 2024–2025, les ZFE qui concernent le plus les passionnés d’anciennes sont notamment : Paris, Lyon, Grenoble, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Montpellier, Nice, Reims, Saint-Étienne, Marseille, etc. Chacune a son calendrier et ses règles. C’est là que ça se complique.
Exemple type : un même véhicule essence de 1980 :
- sera sans vignette Crit’Air (trop ancien pour être classé),
- pourra être totalement interdit en semaine dans une métropole,
- mais pourrait rouler librement dans une autre ville avec une dérogation “collection”.
Donc non, “les anciennes sont bannies de toutes les villes” est une phrase fausse. La réalité est plus subtile… et plus piégeuse.
Carte grise normale ou collection : ça change quoi pour la ville ?
Pour une fois, l’administration a prévu quelque chose pour les passionnés : la notion de véhicule de collection. En France, il y a deux réalités à bien distinguer :
- Véhicule ancien : il a plus de 30 ans, mais reste en carte grise « normale » ;
- Véhicule de collection : il a plus de 30 ans et dispose d’une carte grise portant la mention « collection ».
Pour les ZFE, cette différence est cruciale. La loi nationale (Code de l’environnement) autorise les métropoles à prévoir des dérogations spécifiques pour les véhicules de collection. Résultat : certaines villes protègent les anciennes en CG collection, d’autres non.
Cas concrets :
- Grand Paris : dérogation pour les véhicules en carte grise collection, sous conditions, avec inscription sur un registre spécifique.
- Strasbourg : dérogations limitées, mais discussion autour du patrimoine roulant.
- Lyon : a intégré une tolérance pour certains véhicules collection, mais avec un cadre à vérifier régulièrement.
Un véhicule strictement identique (même modèle, même année) pourra donc :
- être interdit s’il est en carte grise normale,
- mais autorisé dans certains créneaux ou périmètres s’il est en carte grise collection.
On reviendra plus loin sur l’intérêt réel de cette fameuse carte grise collection. Pour l’instant, retenez une chose : en ville et en ZFE, c’est votre statut administratif qui compte plus que la réalité de votre usage
On sort les chiffres, pas les rumeurs de rassemblement du dimanche : La grosse différence par rapport à un contrôle de vitesse ? À court terme, certains passionnés “jouent” avec les ZFE en sortant leur ancienne très tôt le matin ou tard le soir, en comptant sur l’absence de contrôle. C’est un choix… mais il ne faut pas s’illusionner : plus la technologie de contrôle automatique se généralise, plus ce pari deviendra risqué. La question fâche, alors on va la traiter factuellement. Si on regarde les kilomètres parcourus, une ancienne typique (balade, sortie club, quelques meetings) roule souvent entre : Oui, une ancienne pollue plus par kilomètre (absence de catalyseur sur les plus vieilles, combustion moins optimisée, pas de filtre à particules, etc.), mais : Les ZFE ne ciblent pas spécifiquement les voitures de collection. Elles visent tout ce qui est ancien et fortement émetteur : grosses diesel de flotte, véhicules utilitaires fatigués, voitures anciennes encore utilisées au quotidien. Les nôtres prennent les éclats de ce tir groupé. On peut le regretter, mais si on veut défendre l’usage des anciennes, il faudra de plus en plus s’appuyer sur : Revenons au sujet sensible : faut-il passer son ancienne en carte grise collection pour continuer à rouler en zone urbaine ? Les avantages concrets : Les inconvénients réels (et souvent sous-estimés) : En clair : si votre ancienne n’est utilisée que pour des sorties passion, des rassemblements ou quelques balades, la carte grise collection est de plus en plus cohérente. Si vous l’utilisez comme voiture principale en ville, vous êtes à contre-courant du mouvement réglementaire, avec ou sans mention “collection”. Plutôt que de pester sur les forums, autant adapter son usage de manière intelligente. Quelques stratégies qui fonctionnent déjà pour beaucoup de passionnés : On peut regretter la tendance de fond, mais on peut aussi décider de jouer avec les règles au lieu de les subir. Une ancienne qu’on sort moins, mais mieux, c’est souvent une ancienne qu’on savoure davantage. Pour être honnête, on ne va pas vers une simplification. Quelques tendances lourdes à garder en tête : Le seul point positif : plus la réglementation se précise, plus le statut des véhicules de collection sort de la zone grise. C’est là que les clubs et fédérations ont une vraie carte à jouer pour peser dans les négociations avec les collectivités. On résume en mode “check-list”, comme avant de partir en road-trip : On peut continuer à jouer les francs-tireurs, mais l’histoire récente montre une chose : les décisions les plus favorables aux anciennes en ville ont souvent été obtenues quand les passionnés parlaient d’une seule voix, avec des chiffres et un discours responsable. Les centres-villes se ferment aux véhicules thermiques les plus anciens, c’est une réalité. Les anciennes ne sont pas la cible principale, mais elles sont dans le paquet. En tant que passionnés, on a deux options : Une chose est sûre : tant qu’il restera des passionnés capables d’entretenir une injection mécanique ou de régler un double corps, les anciennes ne disparaîtront pas. En revanche, leur terrain de jeu se déplacera de plus en plus : moins les boulevards urbains, plus les petites départementales, les rassemblements organisés, les sorties club bien ficelées. Et si, finalement, ce n’était pas plus mal pour ce qu’elles sont vraiment : des machines à sensations, pas des outils de mobilité de masse ? À chacun de répondre, mais une chose est certaine : comprendre les règles du jeu d’aujourd’hui, c’est le meilleur moyen de continuer à faire tourner nos mécaniques demain, sans finir au fond d’un parking, bâchées “en attendant des jours meilleurs” qui ne reviendront pas.Ce que risquent vraiment les propriétaires d’anciennes en cas de contrôle
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