Legend motors

Les motos néo rétro qui deviendront probablement les classiques de demain selon les experts

Les motos néo rétro qui deviendront probablement les classiques de demain selon les experts

Les motos néo rétro qui deviendront probablement les classiques de demain selon les experts

Les motos néo rétro ont remis au goût du jour une idée simple : profiter du charme des anciennes, sans les galères quotidiennes d’un carbu capricieux ou d’un allumage qui fait la grève sous la pluie. Mais parmi la vague actuelle, toutes ne finiront pas dans les musées ou les rassemblements de collectionneurs. Certaines, en revanche, cochent déjà toutes les cases des « classiques de demain » selon une bonne partie des préparateurs, journalistes et pros du marché de l’occasion.

On va donc regarder ça comme on inspecte une moto d’occasion : méthodiquement, sans fantasmer, chiffres et retours d’expérience à l’appui. L’idée n’est pas de dresser un catalogue exhaustif, mais de pointer les néo rétro qui ont de vraies chances de prendre de la valeur – financière ou émotionnelle – dans les années à venir.

Qu’est-ce qui fait une « future classique » néo rétro ?

Avant de citer des modèles, il faut poser les critères. Quand on discute avec des pros (marchands spécialisés, experts, préparateurs) trois points reviennent systématiquement :

On pourrait ajouter un quatrième critère : l’importance dans l’histoire de la marque. Le premier modèle d’une nouvelle génération ou d’une nouvelle plateforme moteur a, statistiquement, plus de chances de devenir recherché plus tard.

Avec ça en tête, voyons les néo rétro qui tiennent déjà la corde.

BMW R nineT : le futur collector évident

Lancée en 2013 pour les 90 ans de BMW Motorrad, la R nineT est déjà considérée comme une base de collection par pas mal de préparateurs. Pourquoi ? Parce que c’est probablement l’ultime grosse BMW refroidie par air/huile pensée pour le plaisir pur, avant l’ère des flats sur-équipés d’électronique et de suspensions semi-actives.

Points qui intéressent les experts :

Les versions à surveiller de près :

Côté budget, on voit encore des R nineT propres autour de 9 000–10 000 € en occasion. Pour un flat BMW amené à devenir iconique, c’est loin d’être délirant. Attention juste aux motos trop modifiées à l’arrache : une ligne artisanale mal réglée ou un faisceau charcuté, ça flingue la valeur.

Triumph Bonneville & Thruxton : le néo-rétro devenu référence

Triumph a relancé la Bonneville en 2001, et depuis, la marque a affiné la recette. Mais les futures classiques se trouvent surtout parmi les générations 1200 cm³ modernes, celles qui combinent look vintage et gros couple.

Deux familles sortent du lot :

Pourquoi ces modèles intéressent les experts :

À surveiller si vous chassez une future classique :

Kawasaki Z900RS : le meilleur hommage à la Z1

Kawasaki a surpris tout le monde en 2018 avec la Z900RS, clin d’œil direct à la mythique Z1 des années 70. Mais contrairement à certaines néo rétro purement esthétiques, la Z900RS repose sur une base moderne très saine.

Les points qui séduisent les connaisseurs :

Les séries ou détails à privilégier :

La Z900RS coche une case importante pour devenir une classique : c’est une des rares néo rétro 4 cylindres sur un marché très dominé par les bicylindres. Cet aspect seul lui donne une singularité qui sera recherchée.

Yamaha XSR900 : future icône du CP3

Sous son look légèrement décalé, la Yamaha XSR900 cache un des meilleurs moteurs de sa génération : le fameux CP3, un trois-cylindres de 847 puis 890 cm³ selon les années. Ce bloc a changé l’image de Yamaha, notamment avec la MT-09, et la XSR en est la version néo rétro.

Pourquoi elle intéresse déjà les amateurs :

Les versions qui pourraient dominer le marché des futures classiques :

À noter que la XSR900 a un avantage clair : le CP3 est produit en grande série et très répandu, ce qui garantit une bonne disponibilité de pièces à long terme. Un critère souvent sous-estimé pour une future moto de collection utilisable.

Royal Enfield Interceptor 650 & Continental GT : l’outsider accessible

Sur le papier, les Royal Enfield Interceptor 650 et Continental GT 650 n’ont rien de spectaculaires : un bicylindre en ligne de 47 ch, une partie-cycle simple, des composants basiques. Et pourtant, beaucoup d’experts les voient comme les « youngtimers » les plus accessibles du futur.

Pourquoi ces petites 650 marquent leur époque :

Ce qui peut en faire des futures classiques, ce n’est pas la performance, mais la symbolique : ce sont les motos qui auront initié toute une génération au style rétro. Comme certaines 125 ou petites cylindrées des années 70–80 aujourd’hui recherchées, les 650 Royal Enfield pourraient devenir des objets de nostalgie abordables.

À privilégier :

Moto Guzzi V7 : le charme du petit V-twin transversal

La Moto Guzzi V7, dans ses différentes générations modernes, a déjà un pied dans la catégorie « classique ». V-twin transversal, cardan, cadre tubulaire, look intemporel : tout respire l’école italienne.

Pourquoi elle attire l’œil des connaisseurs :

Les séries à considérer en priorité :

Le vrai point fort de la V7, c’est qu’elle incarne un type de moto qui risque de disparaître avec le durcissement des normes : un petit V-twin à cardan, simple, relativement léger, sans écran TFT de la taille d’une tablette. Et ça, dans vingt ans, ça aura un goût très particulier.

Ducati Scrambler 800 : seulement certains modèles

Le Ducati Scrambler 800 a fait un carton commercial, au point qu’on en croise partout. Et c’est d’ailleurs le principal frein à son statut de future classique : la diffusion massive. En revanche, certaines variantes sortent clairement du lot.

À surveiller particulièrement :

Dans tous les cas, le bicylindre Desmodue air/huile reste un atout : c’est l’un des derniers moteurs Ducati relativement simples, au caractère bien affirmé, et maîtrisé en fiabilité dès lors que l’entretien (soupapes, courroies) est suivi sérieusement.

Les critères pratiques pour miser sur une néo rétro aujourd’hui

Si vous envisagez de rouler aujourd’hui avec une néo rétro en espérant la voir prendre de la valeur (ou au minimum ne pas trop en perdre), quelques règles simples permettent de limiter les erreurs.

Enfin, un point à ne pas négliger : la compatibilité à long terme avec les futures réglementations (zones à faibles émissions, etc.). Une néo rétro Euro 4 ou Euro 5, propre et bien entretenue, aura plus de chances de conserver un droit de cité urbain qu’un vrai vieux carbu fumant, ce qui lui donnera un avantage d’usage.

Rouler maintenant, transmettre plus tard

Les motos citées ici ne sont pas des lingots d’or sur deux roues. Certaines prendront peut-être un peu de valeur, d’autres se contenteront de bien vieillir en gardant une cote stable. Mais toutes ont ce point commun : elles offrent déjà aujourd’hui un plaisir de conduite réel, associée à une identité forte, facilement identifiable.

Et c’est probablement le vrai critère à garder en tête : acheter une néo rétro en espérant uniquement spéculer, c’est prendre le problème à l’envers. Mieux vaut choisir une moto qui :

Parce qu’au final, une « classique de demain », c’est surtout une moto qui aura compté dans son époque. Et ça, on le ressent déjà au guidon, bien avant de le voir sur les cotes de collection.

Quitter la version mobile